Je suis obligée d’aimer Hydro

samedi 4 novembre 2017

«J’ai vu la pièce J’aime Hydro. L’intelligence de Christine Beaulieu est manifeste tout autant que le naturel avec lequel elle occupe l’espace. Leslie Piché me disait avoir entendu à la radio, il y a quelques temps, l’épisode 1 (il y a en maintenant 5) du spectacle et ne pas avoir été impressionnée par le texte. Béatrice Picard, elle, n’avait pas jugé le texte pertinent pour le public du Théâtre Jean-Duceppe (elle est membre du comité de sélection). Toutes les deux ont raison. C’est le tout sur scène qui est sensationnel : trois comédiens (Christine, Mathieu Doyon en animateur de radio et Mathieu Gosselin incarnant 28 rôles à lui seul!), des vidéos d’archives, des photos, des illustrations, du motion design, des post-its projetés sur grand écran, des éléments de décor mobiles, simples et efficaces, absolument tout est nécessaire, sauf le mot moralisateur de la fin que Christine lit comme si elle venait de l’ajouter à son show (ce qui est peut-être le cas, je vais le vérifier dans le livre que je me procurerai en PDF – chose certaine, j’ai entendu des murmures désapprobateurs dans la salle).
Ah ! j’oubliais de vous le préciser : … plus « Je suis obligée d’aimer Hydro »

Yétili et les poètes

21 octobre 2017

C’est un autre article de mon blogue qui parle d’éducation (voir l’article du 23 décembre 2016). Lorsque je garde chez moi mes trois petits-enfants, on se tasse sur le divan en regardant la chaine Yoopa. Rarement des émissions que je laisserais mes petits regarder seuls, alors on commente, on réfléchit sur ce qu’on voit, on tire des leçons et on dessine en même temps. Mais ce matin, à 7 h 45, 15 minutes de pur bonheur en compagnie de Yétili (le yéti qui lit)…

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La saison de l’élagage

9 octobre 2017

Fin septembre, j’étais en retraite d’écriture à Saint-Pierre-Les-Becquets, dans un petit chalet en bordure du fleuve. Sans Wifi ni téléphone. Il faisait très très beau. Un après-midi, j’ai voulu visiter le village : oser les «frites maison» et jaser avec la serveuse, m’immiscer quelques minutes à la coopérative artisanale où des femmes s’employaient à tisser des catalognes à l’ancienne pour le Marché de Noël et explorer la bibliothèque. Nous y sommes : on venait d’y faire l’élagage des livres en trop, il y en avaient quelques centaines à l’entrée, à donner. J’ai voulu connaitre les critères d’élagage.

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Conan le barbare aime la poésie

29 juillet 2017

La littérature est partout ! Vous n’imaginez pas à quel point ! Hier soir, seule, le bleu à l’âme à l’horizon, quoi faire sinon la télé, ma belle grande télé (72 pouces, celle de mon ciné-club maison)…  Je zappe et m’arrête sur Conan le barbare avec Arnold Schwarzenegger. Vous avez bien lu. Je laisse l’orphelin grandir, se muscler (il faut le faire en étant esclave !), se former aux arts de la guerre (j’ai une pulsion vers la zapette pour changer de chaine) et là, surprise ! La formation de Conan le barbare auprès des plus grands maitres asiatiques de son époque légendaire comprend l’apprentissage de la lecture et de l’écriture et la philosophie à travers les textes poétiques. La formation morale présentée ici comme aussi importante que la formation physique. Je parie que vous avez vu le film (peut-être en cachette) ou lu la BD (c’est plus acceptable) et que vous avez oublié ce passage.

                  

C’est une invitation à participer à ma traque de la littérature au cinéma : s’en tenir aux situations inusitées, s.v.p. J’attends vos trouvailles.

P.S. J’adore le cinéma en chercheuse : je traque littéralement – et sans aucun a priori – la littérature dans les films.
Vous avez vu la comédie sentimentale Doit aimer les chiens (Must Love Dogs)? Des dialogues intelligents, sensibles. Et, dans la scène d’une fête d’anniversaire, un père (Christopher Plummer) qui lit un poème : Brown Penny de William Butler Yeats (1865-1939, Prix Nobel de littérature 1923). Une scène vue plus de 15000 fois sur You Tube :  Yeats – Brown Penny (recited by Christopher Plummer)
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Erreur sur la destination

28 mai 2017
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    Une réponse de Jean-Luc Proulx à lire dans Entrevous 05 (octobre 2017).
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«Je reviens de Rome davantage assommée par les histoires de cruauté et de vénalité qu’éblouie par la grandeur d’une civilisation conquérante et la richesse artistique d’un pouvoir religieux. J’ai aimé en revanche marcher parmi les populations des collines de l’Ombrie, fières de restaurer leurs villages et de réinventer une agriculture écologique, moderne.» C’est ainsi que j’ai commencé mon liminaire du numéro 04 de la revue d’arts littéraires ENTREVOUS. La suite a bifurqué sur autre chose que ce voyage pendant que bien des questions sur moi-même demeuraient en plan. Qu’y avait-il à apprendre encore ? plus « Erreur sur la destination »

La cloche 826

26 février 2017

Je l’ai reçue en cadeau au printemps 2000 : posséder la cloche 826 m’octroyait une place sur l’esplanade de l’Oratoire Saint-Joseph parmi les 2000 carillonneurs de la Symphonie du millénaire. Cela tombait bien, mon moral n’était pas au plus haut. Ç’est ça l’amitié : se voir offrir ce dont on a besoin à ce moment-là. Et voilà qu’aujourd’hui, ma cloche a carillonné à nouveau, pour la reprise de la symphonie* à la Basilique. Et ça tombe bien, encore une fois. Nous ne sommes plus que 20 carillonneurs, plus privilégiés encore qu’au tournant du millénaire de faire partie de cette musique. Carillonner «emmieute» le moral.

*Pour fêter le 375e de Montréal, Walter Boudreau a fait une recréation respectueuse de l’œuvre collective originale. Un projet de la Société de musique contemporaine du Québec. Interprétation de l’Orchestre Philarmonique des Musiciens de Montréal.
Tiens! mon cercle de relations professionnelles s’est agrandi depuis 2000 : outre Walter Boudreau, j’ai fait la connaissance entretemps d’un autre des compositeurs de la symphonie, 
Anthony Rozankovic (rencontré au Festival de Lanaudière l’été dernier, pour un article dans Entrevous 03). Il y a aussi un Vincent Collard dans la liste : est-ce celui dont j’ai publié la poésie dans la revue Brèves littéraires 89 ? Je lui laisse un message dans sa boite vocale… à suivre.

La vie en tableaux, comme au cinéma

6 février 2017

Souper-causerie au Saint-Houblon, samedi dernier, puis film à la cinémathèque. Nous sommes cinq*, de la Société littéraire de Laval, en reportage pour la revue Entrevous.
J’ai déjà écrit avoir dans ma tête un carrousel  de diapositives qui toutes montrent un détail de ma vie. Technologie périmée, remplacée avantageusement par un album de photos numériques qui défilent à souhait sur mon écran intérieur. Ma vie en tableaux muets et figés me rapproche de Réjane Bougé. Dans son récit Je ne me lève jamais avant la fin du générique, elle dévoile 34 séquences de son histoire personnelle, chacune associée à un ou plusieurs films (154, au total!) , dont celui qu’elle a présenté à la cinémathèque, Thérèse**, construit au plus près d’un autre de ses récits intimes sensoriels, Bruits et gestes perdus, quarante-deux tableaux pour une disparition***.
Si la présentation de Réjane nous a bien préparé à voir le film avec ses yeux, on aurait aimé qu’un échange avec elle soit prévu ensuite. Dans notre groupe, Gilbert et Thérèse, compositeur et librettiste d’opéra, auraient exprimé leur doute qu’au Carmel de Lisieux on ait chanté La Belle Hélène d’Offenbach. Louise aurait partagé son émotion esthétique et spirituelle et fait le rapprochement avec Dialogues des carmélites, opéra vu quelques jours auparavant en lien avec le documentaire qu’elle a réalisé sur les Carmélites de Berthierville. Je ne suis pas certaine que Lucette, artiste en arts visuels, aurait voulu ajouter quelque chose. Quant à moi, qui n’a pas d’affinité avec la sainteté refermée sur elle-même, j’aurais dit que la poétique des images du réalisateur Alain Cavalier me rappelle Dogville de Lars von Trier. Je n’aurais pas pensé, à chaud, à tous les films qu’à l’instar de Réjane, j’ai mentionné dans mes écrits : Salé sucré, Le festin de Babette, Sentimentalement vôtre, La Grande bouffe, Le Club de la chance, Bagdad Cafe… 
Vous, lecteur, je suis certaine que votre vie aussi est un festival de films. J’aimerais vous lire à ce sujet : voilà un appel à contributions de plus pour Entrevous.

plus « La vie en tableaux, comme au cinéma »

Le brochet

28 janvier 2017

Est-ce que j’aime l’hiver ? De moins en moins, mais de plus en plus j’aime sortir mes petits-enfants et hier, nous sommes allés en famille pêcher sous la glace de la rivière des Mille-Iles. Des messieurs très sympathiques de l’organisme à but non lucratif qui loue les cabanes de pêche, chauffent le poêle à bois, déglacent les trous, nous remettent une chaudière de menés (les appâts) et nous installent une brimbale, nous laissant le plaisir des neuf autres. Et l’attente commence puis, vers 15 heures, ma fille Marie Anne sort de l’eau un beau brochet. Elle pêche depuis son enfance (j’en témoigne) et, dit-elle, elle n’est jamais revenue bredouille. D’autres familles accourent, une fillette pleure devant le poisson qui s’agite sur la neige, une jeune garçon effleure prudemment de sa mitaine la peau de l’animal. Mes trois petits enveloppent leur trophée dans du petit journal et l’installe dans notre traineau. Les messieurs disent qu’il y aura quelque chose à inscrire au calendrier à la fin de la journée ! Notre brochet est le seul que la rivière a sacrifié au cours de cette journée venteuse.

.peche_blanche_cabanes   Notre cabane : la rouge, numéro 4.
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Qu’est-ce qu’une pêche blanche en janvier a à voir avec la littérature ? En début de semaine, j’ai rédigé un projet de médiation culturelle qui initiera à la littérature québécoise des immigrants lavallois en processus de francisation. Le premier récit, de Martin Thibault, s’intitule Sur le chemin Marchant. Une histoire de chasse à la perdrix en octobre et de pêche au printemps. Pour Martin comme pour moi, il est facile de transformer l’automne aussi bien que l’hiver en «eau fraîche, dans son imagination. Comme celle du mois de juin quand le goût de la truite force les pêcheurs à s’enfoncer jusqu’aux cuisses dans la rivière Wildcat, qui coule pas très loin du chemin Marchant.» (p. 17, éditons du Noroit). Et vous ?

La culture à l’école : le meilleur et le pire

23 décembre 2016

Cette semaine, deux de mes petits-enfants présentaient un numéro dans le spectacle de Noël de leur école primaire. Pas de problème pour le groupe de Lilou, 6 ans, qui dansait sur une jolie musique sans parole. Le groupe de Mattias, 8 ans, s’en est tiré très bien lui aussi avec la chanson On écrit sur les murs des Kids United, un groupe de six jeunes Français formé en 2015 pour une campagne de l’UNICEF. S’ils se sont dotés d’un nom anglais, ils chantent des textes intelligents qui célèbrent la paix et l’espoir, et ce en français (sauf Imagine de John Lennon). En somme, le répertoire de Kids United est un choix parfait dans un milieu éducatif, d’autant plus que les profits de la vente de leurs CD sont partagés pour venir en aide à des enfants du monde entier (déjà plus d’un demi-million d’albums vendus).

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Les paroles sont sur Internet, allez-voir… Personnellement, j’ai fait mieux : j’ai téléphoné chez Archambault et réservé leurs deux CD que j’irai chercher tout à l’heure. Je les offrirai à Noël à mes chers petits et je suis certaine qu’ils connaitront bientôt les paroles des chansons, qu’ils s’inventeront de charmantes chorégraphies et que leurs parents seront enchantés de tout cela.

Là où le bât a blessé à cette école de Laval? Le numéro de la 5e année : une parodie de l’émission La Voix, avec un jury de similis Marie-Mai, Isabelle Boulay, Éric Lapointe et Marc Dupré complaisants et, surtout, le choix des chansons du karaoké : une en anglais (ce n’était pas dans le contexte d’un cours de langue seconde) et l’autre d’un goût douteux : Papaoutai. Les pré-ados avaient le sens du rythme et du spectacle, mais leurs enseignantes, avaient-elles lu les paroles?  Je vous en «copie-colle» un bout… lisez la suite et écrivez-moi ce que vous en pensez.  plus « La culture à l’école : le meilleur et le pire »

J’aurais voulu être un cozic…

17 novembre 2016

Le 9 novembre dernier, j’ai retrouvé à l’édifice des Archives de la BAnQ une belle équipe de reporters d’ENTREVOUS pour une visite commentée de l’exposition Le livre d’artiste repensé, qui souligne les 50 ans de l’Atelier Graff. Les commissaires ont juxtaposé des livres d’artistes de la relève, créés pour l’occasion, à des livres d’artistes de la collection de la BAnQ, réalisés à l’atelier Graff au fil des ans. A priori une bonne idée. J’ai circulé, dubitative, d’une œuvre à l’autre et j’ai stoppé net devant On nous épie : un livre d’artiste de photos d’une installation de Cozic, avec un poème de Jean-Paul Daoust.

J’ai piqué sur Internet cette photo du bicéphale Cozic : un couple d’amoureux, Yvon Cozic et Monic Brassard, qui créent des œuvres communes depuis plus de cinquante ans et les signent d’un seul nom.

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Ils étaient là, à l’expo Graff !  J’espérais cette rencontre depuis 1997 ! Je l’ai dit à la tête mâle de Cozic : son (leur) projet de vie, c’est mon idéal. Depuis mes 17 ans, je cherche la tête d’homme qui fera de nous un artiste bicéphale. Si vous me connaissez, vous savez qu’entre 2010 et 2016, j’ai pensé avoir réussi et qu’il m’a reléguée dans ses limbes. Mais laissons cela, ce que je veux ici, c’est tenir une promesse faite à Cozic de retrouver l’extrait de mon roman écrit en 1997, Quatre nuits quatre matins, qui parle de lui (d’eux). Le voici :

« Adieu : formule par laquelle on marque qu’une chose est perdue pour soi.  Solitude : situation d’une personne qui est seule, de façon momentanée ou durable. D’une personne qui n’a plus que le rêve.
J’ai rêvé de rêver ma vie à deux… De m’évader ensemble… Comme Cozic. Ces artistes qui signent d’un seul nom. Deux géniteurs, une seule œuvre. Depuis vingt ans. Symbiose. Fusion. Rituel. Archéomysticisme. Ils exposent. Dans la première salle, un guerrier qui assure la protection d’autels disparates. Dans la deuxième, un parcours d’offrandes. Dans la dernière, trois gisants, symboles de foi, de charité, d’espérance.
Espoir : personne qui est l’objet de ce sentiment.»

Je fais un ajout à ce blogue (le 24 novembre).
À l’expo Graff, la tête mâle de Cozic et moi, nous avons parlé du Code Couronne, un autre projet réalisé avec le poète Jean-Paul Daoust. Suivez ce lien, et dites-moi si cela vous fascine autant que moi :  http://www.lapresse.ca/arts/arts-visuels/201311/06/01-4707898-cozic-derniers-actes-du-code-couronne.php

Bianca, Florence et Marguerite

29 octobre 2016

La cantatrice américaine Florence Foster Jenkins [1868-1944] aurait inspiré Hergé pour son personnage de la cantatrice italienne Bianca Castafiore. Bien les archives du bédéiste ne le confirme pas, il s’est trouvé des observateurs pour faire des rapprochements : le silence sur la voix fausse de Florence se compare au silence sur la corpulence de Bianca; la photo et le dessin ci-dessous sont éloquents; etc.

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Cet automne, deux femmes se font concurrence sur les écrans des cinémas québécois : Florence elle-même et Marguerite, l’incarnation française de la première. Le prénom Marguerite se trouve être celui de la jeune fille qui chante l’air préféré de la Castafiore : l’Air des bijoux, dans l’opéra Faust de Charles Gounod. Il y a aussi Margaret Dumont, une actrice américaine des comédies des Marx Brothers, une contemporaine de Florence dont le nom de scène était Marguerit Dumond. Hasards? Peut-être.

Dans chacun des rôles, une grande actrice : Meryl Streep et Catherine Frot. J’ai d’abord vu Florence et j’ai ri, j’ai été émue par cette adaptation proche de la biographie. J’ai ensuite vu Marguerite – dont j’attendais davantage, vu la liberté que le scénariste s’était octroyée – et j’ai été conquise par la sublime musique classique et le décor des années 1920 des premières minutes, puis de plus en plus contrariée par l’atmosphère suffocant, les clichés et une fin improbable.

L’auteur-réalisateur Xavier Giannoli a inséré dans la vie de sa cantatrice, plus pathétique encore que la vraie, un mari pleutre, un gras divo déchu et son mignon, une tireuse de cartes à barbe et un majordome noir, photographe et pianiste, qui la protège, la vénère et pourtant la trahit à la fin.

Les 112 minutes de Florence ont passé vite, mais les 127 minutes de Marguerite m’ont paru très longues et bien en-dessous du réel, qui, ici, dépasse la fiction.

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Florence Foster Jenkins a inspiré plusieurs pièces de théâtre. En 2008, la pièce La casta flore, de la Compagnie Jean-Duceppe, présentait sur scène la vie de la cantatrice américaine, de sa rencontre avec son pianiste accompagnateur Cosmé McMoon, jusqu’à sa mort.

La littérature est dans les chansons

14 octobre 2016

Est-ce que j’applaudis au choix de Bob Dylan comme récipiendaire du Nobel de littérature? Non.

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Cela vous surprend, vous qui connaissez la ligne éditoriale du périodique ENTREVOUS et le slogan de la Société littéraire de Laval : «La littérature est partout.» D’accord, les chansons immortelles de Dylan sont de la poésie et le géant a révolutionné le genre folk américain, influencé par les romanciers et les poètes de la Beat Generation américaine des années 1950. Mais voilà : ma première pensée a été pour les grands auteurs de littérature pure et dure et imprimée. Voilà que la plus prestigieuse reconnaissance de leur talent s’en est allée flirter sur scène. «La poésie de l’oreille» a dit le jury… Du côté des livres, l’ombre s’est encore un peu plus opacifiée.

À Radio-Canada, on a invité à l’annonce du prix un critique musical. Une idée trop facilement concevable, quoique plus «professionnelle» que la mode des comédiens et humoristes à qui on fait endosser des habits trop grands de critiques littéraires. Où sont-ils ceux-là? À ce point en voie d’extinction qu’on n’en trouve pas même un quand on en a besoin?

Bon! j’ai trouvé sur Internet une traduction de ma chanson préférée de Bob Dylan, préférée pour sa poésie…  Blowin’In The Wind (ouvrez la suite pour lire)
Je confesse que le mot «Wind» y est pour quelque chose : il est aussi dans ma chanson préférée de David Bowie : Wild is the Wind

plus « La littérature est dans les chansons »

Liste des choses à ne vivre qu’une fois : un concert de trombones

25 septembre 2016

Depuis mon enfance, je souhaite être généraliste, par opposition à spécialiste. D’aussi loin que je me souvienne, je suis habitée par la conscience que n’ayant qu’une vie, je veux faire le plus de choses possible et pour une maximum d’entre elles, ne les faire qu’une fois (par marque de temps). Hier, j’ai ajouté à ma liste des choses vécues une fois pour toute dans ma vie un concert de trombones (l’ajout poétique, en partenariat avec la Société littéraire de Laval, était là en bonus).

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Certes, la qualité de la poésie de Patrick Coppens, le choix du répertoire musical et le talent pédagogique du sympathique Alain Trudel, formant un excellent quatuor avec les trois trombonistes de son orchestre (OSL), sont des évidences réjouissantes. Ce qui l’est moins et mérite d’être souligné, c’est le caractère unique de ce bel après-après.

Qui a déjà assisté à un concert de trombones? Aucune des personnes que j’ai interrogées à la chapelle du Mont-de-La-Salle après la performance. Bon! je n’ai pas questionné les quelque deux cents auditeurs présents, mais une bonne quarantaine. J’ai demandé à chacun s’il avait conscience d’avoir participé à une chose unique, qu’il n’avait pas vécu auparavant et qu’il ne revivrait probablement jamais. Des yeux se sont allumés, des sourires ont éclairés des visages. Ce que nous venions de vivre prenait une couleur encore plus vive : nous étions des privilégiés et tant pis pour les absents!

Pub pernicieuse VS club de lecture

2 septembre 2016

Que préférez-vous ? Vous ennuyer à parler d’un livre que personne n’a lu ou rigoler avec vos copines en vous gavant de croustilles mexicaines ?  Absurde ? Il y a quelque part une agence de publicité mal inspirée qui a vendu cette alternative pernicieuse à un client ignare.

Je vous résume la pub : une belle fille arrive la dernière à son club de lecture. Ses copines ont déjà empilé leur livre sur une table, à l’écart du groupe. La nouvelle venue ajoute le sien sur le dessus de la pile. Un narrateur omniscient lui fait comprendre qu’elle n’a pas à se sentir coupable de ne pas l’avoir lu, et l’image nous démontre clairement que c’est aussi le cas des autres belles filles. Qu’à cela ne tienne! la soirée sera ainsi plus agréable : pas de discussion intellectuelle, mais tout plein de bavardage insipide autour d’un grand bol de croustilles mexicaines et sa salsa!

Comme dit ma fille à moi : «Quand tu t’inscris à un club de lecture, c’est que tu es intéressé à la lecture.» Et moi d’ajouter : «Et si tu as le corps de ces filles-là, ce genre de collation ne fait pas partie de ton régime alimentaire.» Quelle pub doublement pernicieuse!

La Société littéraire de Laval n’a pas, comme tel, un club de lecture, mais elle lance régulièrement des appels à contribution pour son périodique ENTREVOUS, qui ont pour point de départ un livre qu’on invite à lire dans le but précis d’alimenter un article ou une activité de la programmation. Ainsi, les livres à lire et commenter dans les prochains mois (certains jumelés à mon ciné-club maison et/ou à une sortie au théâtre, à une promenade littéraire dans un lieu de mémoire, à un café littéraire, etc.) sont : Intouchables de Philippe Pozzo di Borgo, Notes de chevet de Sei Shonagon, l’oeuvre d’Anne Hébert, Mrs Dalloway de Virginia Wolf, Les heures de Michael Cunningham, Odette Toulemonde et autres histoires et Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, d’Eric-Emmanuel Schmitt, La grosse femme d’à côté est enceinte de Michel Tremblay, Journal d’une étudiant en histoire de l’art de Maxime-Olivier Moutier, La bibliothèque, la nuit d’Alberto Manguel, etc.

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Citation de Moutier, sur l’image : «Une chance que la beauté existe. Heureusement que l’art est partout.»

La sagesse d’Agatha et le lecteur inconnu

29 juillet 2016

Je travaille à un article sur Agatha Christie, pour le numéro 02 du périodique ENTREVOUS. J’ai lu ses romans dans ma jeunesse. Je viens de terminer la lecture de son récit des fouilles archéologiques de Max Mallowan, son second époux, aventures dans lesquelles elle a joué un rôle actif. Je suis maintenant à la moitié de son autobiographie, florilège de souvenirs épars ponctués de réflexions personnelles, notamment sur la création littéraire. C’est à ce point riche que j’ai eu ce matin l’idée de verser dans l’onglet REVUE ENTREVOUS les citations qui déborderont de mon article de seulement deux pages, et plus encore, d’en faire une habitude, voire même de remonter au numéro o1 pour offrir aux lecteurs un complément virtuel au périodique imprimé.

Mais ce dont je veux vraiment parler ici, c’est de la magie du destin. L’exemplaire de l’autobiographie d’Agatha Christie que j’ai en mains a été emprunté dans une bibliothèque de Laval. La copie est annotée au crayon de plomb : des points d’exclamation, des astérisques, des tirets, de longues barres verticales… exactement là où j’aurais fait de même si j’eus reçu le livre vierge et que j’eus osé le crayonner. Comme l’a écrit Agatha elle-même, en page 14 de cette édition de 2002 du Masque-Hachette :

« Prendre part à quelque chose que l’on ne comprend pas est, à mon avis, l’une des composantes les plus fascinantes de l’existence. »

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Une bibliothèque, un violoncelliste, un roman et un champagne

2 juillet 2016

Mardi dernier, j’ai vu La bibliothèque, la nuit, à la BAnQ. De Robert Lepage et Ex Machina. Vous souvenez-vous de la bibliothèque du Capitaine Nemo dans Vingt mIlle lieues sous les mers ? La seule imaginaire de ce voyage autour du monde. Saviez-vous qu’un violoncelliste avait joué dans les ruines de la bibliothèque de Sarajevo ? (Avez-vous lu le roman de Steven Galloway, inspiré par ce fait vécu : Le violoncelliste de Sarajevo?) Connaissez-vous la bibliothèque fantôme de … ? Où déjà ? Il faut que je retourne à la BAnQ. En attendant, je visite le site Web des 10 plus belles bibliothèques du monde. Une seule se retrouve dans les choix de Lepage : la bibliothèque Sainte-Geneviève, à Paris (la première éclairée au gaz). Autant de listes, autant de lieux magiques! Quelle est votre bibliothèque préférée?

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Une idée en entraine toujours (au moins) une autre dans ma tête. Je réfléchis à la manière de Virginia Woolf écrivant son roman Mrs Dalloway : des parenthèses au milieu de mes phrases révèlent mes observations parallèles. Pendant la visite de la bibliothèque de Sarajevo, dans la projection 3D de La bibliothèque, la nuit, cette parenthèse est apparue : (Qui est ce violoncelliste?). J’ai cherché ensuite sur Internet et je suis tombée sur le roman de Galloway et de là, dans le site Web Les univers du livre dont une section particulièrement inspirante, Un livre, un vin, où le chroniqueur Clément Solym associe un livre à un vin qui résonne « d’un accord majeur avec les pages». Et ce roman, il l’associe à un champagne (Cuvée n° 733 signée par Jacquesson), lequel « par sa composition complexe (chardonnay à 52 %, pinot meunier à 24 % et pinot noir à 24 %), son assemblage ressemble à une épreuve de patience, comme celle du violoncelliste, qui joua des heures durant pour commémorer les 22 victimes d’un bombardement. […] Intense et frais, ce champagne incarnerait l’acte de noblesse de notre violoncelliste, autant que les bulles fines seraient le pied de nez à la mort qui aurait pu le saisir sur l’instant.»

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Là, mon esprit remonte le temps : à Montréal, au Pied du courant (dans les années 1980), la SAQ organisait des soupers littéraires. Je me souviens de celui en hommage à Georges Sand : musique composée à Nohant, son domaine, lecture d’extraits de ses romans et de ses lettres, et repas constitué de mets qu’elle-même a évoqués dans ses écrits. Romantique ! Je me vois hôtesse de telles rencontres.

Comme l’écrit la blogueuse Monique Molière…

29 juin 2016 

Il est rare que j’alimente mon blogue deux jours de suite, mais je viens de recevoir un «édito» de Monique Molière qui rejoint ma pensée : je ne vais pas usurper la maternité de sa critique, aussi, sans autre commentaire, je la cite et vous donne son adresse virtuelle.

«Le Festival de Cannes, une usine à rêves, dont la rutilante vitrine nous renvoie parfois d’inquiétants reflets, rien de moins qu’une perte de prestige de la littérature et des écrivains.
Il fut un temps où ceux-ci composaient jusqu’à la moitié du jury. Aujourd’hui, ils se comptent sur les doigts de la main. Progressivement, réduits à une portion congrue, ils ont été remplacés par les étoiles montantes du cinéma, réalisateurs et autres acteurs. L’image dans sa volonté de scintiller au firmament a eu le mauvais goût d’usurper la place de la création littéraire, sans laquelle elle ne serait qu’une ombre chinoise sans consistance tant la force des mots est nécessaire au septième art.
Mais pour que mon propos soit tout à fait honnête, il faut tout de même signaler la présence du romancier et dramaturge argentin Santiago Loza dans le Jury de Courts Métrages et Cinéfondation, présidé par la réalisatrice et écrivain japonaise, Naomi Kawase. Tous les espoirs ne sont pas perdus !»

Du rôle salvateur d’un poète de la cité

28 juin 2016 – pour réagir à cet article, expédiez-moi un courriel.

Vendredi dernier, jour de la Fête nationale, monsieur le maire de Laval, Marc Demers, recevait à l’hôtel de ville. Une note parfaite pour tout ce qui s’est passé en deuxième partie, sous un chapiteau. Le choix musical a certainement fait l’unanimité: un répertoire classique joué par des élèves d’une école secondaire lavalloise; en plus de contribuer au plaisir des invités d’être là, les jeunes ont été valorisés par des marques d’appréciation de leur talent et une photo avec le maire souriant. Le cocktail aussi était parfait: service distingué, boissons et desserts variés et de qualité, dont la surprise glacée annoncée: un rouleau de glaces et sorbets maison impossible à décrire en quelques mots (surtout que je ne voudrais pas gâcher l’effet de l’inventeur de cette ingénieuse machine distributrice, si jamais vous la découvrez dans une autre réception).

Là où le bât blesse, c’est dans la première partie devant l’hôtel de ville, entre les discours officiels et la levée du drapeau. On a confié à un amuseur public déguisé en colon de la Nouvelle-France l’important «discours nationaliste». Ici, je vais me censurer et chercher un mot moins fort que honte… disons, gêne. Et à mon sens, une erreur. J’ai pensé et dit à qui voulait m’entendre combien j’aurais trouvé préférable de confier cette tâche délicate à un «poète de la cité». C’est le rôle d’un «poète de la cité» d’écrire sur commande des textes poétiques «engagés» qui élèvent le discours et renforcent la fierté des citoyens et leur sentiment d’appartenance à la communauté. Autrement dit, le poète officiel «entre en résonance avec le discours social et politique de la ville tout en l’enrichissant».

Vous ne le savez peut-être pas, mais il y a un «poète de la cité» au Parlement, à Ottawa, depuis 2001; Michel Pleau occupe actuellement le poste. Et il y en a un à Montréal depuis 2011, nommé par le Conseil des arts municipal; Claude Beausoleil a été le premier, puis Martin Thibault et Bertrand Laverdure. Et il en va de même dans plusieurs autres grandes villes, surtout anglo-saxonnes.

Vous êtes sceptique? Dans le numéro 86 de son périodique Brèves, la Société littéraire de Laval a publié un poème de Leslie Piché, qui lui avait été commandé pour le jour du Souvenir (voir le PDF). Ce poème était reproduit sur le sol, au pied du carillon de la place Claude-Léveillée, devant l’Université de Montréal à Laval. Pendant la cérémonie 2012, la poète l’a lu, accompagnée par la musique pour carillon de Louis Babin, alors compositeur en résidence à Laval.

Le 24 février, j’avais expédié ce courriel à monsieur Raynald Adams, le responsable de la culture au comité exécutif de Ville de Laval:

«Bonjour monsieur Adams
J’aimerais discuter avec vous d’une invitation que la Maison de la poésie a transmise à monsieur le maire concernant un projet de nomination d’un poète de la cité à Laval, comme en a un Montréal et d’autres capitales et grandes villes du monde, sans parler du gouvernement fédéral qui a son poète du Parlement.»

Sa réponse m’est parvenue le 1er mars:

«Bonjour Madame Shelton,
En ce qui concerne le projet de « poète dans la cité », la décision reviendra au maire à son retour de vacances. Je prends note de votre suggestion de Mme [Leslie] Piché, d’autant plus qu’elle siège au Conseil régional de la culture. Quoi qu’il en soit, il va sans dire que si la décision du maire est favorable, le ou la poète à qui nous ferons appel sera membre de la Société littéraire de Laval.
Recevez mes salutations cordiales,
Raynald Adams»

Le 24 juin, j’ai rappelé cet échange à monsieur Adams, qui m’a dit que le projet n’avait pas été discuté au conseil municipal. La Société littéraire le relance puisqu’il semble avoir glissé sous une pile d’autres priorités.

La métaphore du jaune d’un oeuf de poule brune

14 juin 2016

Dimanche dernier, avait lieu le lancement du premier numéro du périodique ENTREVOUS, qui remplace la revue Brèves dont la Société littéraire de Laval avait fait paraitre 92 numéros entre 1990 et janvier 2016.

En feuilletant ce numéro 1 pour écrire le déroulement  de l’activité, mon oeil s’est arrêté sur la couleur jaune en couverture, couleur reprise à la grandeur des 3e et 4e de couverture, et mon esprit m’a fait alors la surprise de visualiser un oeuf et de commander à mes doigts de faire une recherche sur Internet. Il faut dire ici que j’ai déjà eu une maison de campagne pourvue d’un poulailler de poules brunes, dont une, un jour, a pondu un oeuf à 3 jaunes.

images

Cette image des 3 jaunes dans le bol, mon cerveau me la ramène au premier plan de ma mémoire régulièrement, allez savoir pourquoi! Elle devait être là, cette image, lorsque j’ai choisi la couleur dominante d’ENTREVOUS : c’est celui du jaune des oeufs de mes poules brunes. Et voici ce que j’en ai dit dimanche, aux convives réunis au restaurant Les Menus-Plaisirs du Vieux Sainte-Rose pour le lancement du périodique, dans le cadre des Agapes de juin de la Société littéraire de Laval :

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«Par pure coquetterie, l’endos de la couverture est imprimé du même jaune que le ballon qui flotte sur le V du logo ENTREVOUS, une couleur aussi riche et bienfaisante que le jaune d’un œuf de poule brune. Je me permettrai ici cette métaphore : le jaune d’œuf stimule et protège la mémoire, en plus de diminuer le risque de cataractes.

En somme, comme le jaune d’œuf, le périodique ENTREVOUS prévient la dégénérescence !»

Mon ciné-club maison

4 juin 2016

Le 17 avril dernier, j’ai concrétisé ma promesse d’inviter amis et collègues à un ciné-club maison, promesse faite après avoir gagné lors d’un cocktail corporatif un téléviseur de 72 pouces. Mon ciné-club est thématique : la représentation, au cinéma, de l’auteur, de l’éditeur, du critique littéraire et/ou du professeur de littérature. plus « Mon ciné-club maison »

Devoir de mémoire envers Anne-Marie Alonzo

25 mai 2016

En 2013, la Société littéraire de Laval (SLL) avait fait paraitre dans son périodique Brèves un hommage à trois disparus : Bernadette Babin-Bujold, Michel Cailloux et Louky Bersianik. Cette même année, lors d’une table ronde sur le thème du «devoir de mémoire» au Collège Montmorency, Gaëtan Dostie, Patricia Smart, Madeleine Gagnon et Aimée Dandois avaient répondu à la question : «Comment les littéraires rendent-ils hommage à leurs chers disparus?» plus « Devoir de mémoire envers Anne-Marie Alonzo »

Deux galas de reconnaissance : une seule cible atteinte en plein cœur

7 mai 2016

Dimanche dernier, le Lavallois Gilbert Patenaude, compositeur et directeur de plusieurs chorales, dirigeait un dernier concert avant sa retraite. Le lieu était prestigieux : la Maison symphonique. Le répertoire : un choix apte à rallier tous les publics et à mettre en valeur le talent de chacun des quatre choeurs ! Le public : fort nombreux et reconnaissant (je suis moi-même une ex-choriste de Gilbert Patenaude). Bref, tout était bien orchestré, avec juste ce qu’il faut d’humour : chant choral, musique, photos souvenirs et témoignages sur vidéo, création d’une bourse Gilbert Patenaude soulignant l’engagement musical d’un petit chanteur du Mont-Royal (constituée grâce à la générosité de ses quatre enfants), remise du prix de l’Alliance des chorales du Québec à Gilbert Patenaude. J’ajoute ici un mot sur le témoignage vidéo de Marc Labrèche, lequel a reconnu n’avoir que croisé Gilbert Patenaude: sollicité par la famille de ce dernier, la populaire vedette de la télé s’est prêtée au jeu sans demander de cachet (vous comprendrez plus loin pourquoi je le précise).

Le mercredi suivant, j’accompagne Lise Chevrier*, la présidente de la Société littéraire, au gala des «Prix Hosia Hommage à nos bénévoles lavallois». plus « Deux galas de reconnaissance : une seule cible atteinte en plein cœur »

Quand l’art visuel se passe de mots

1er mai 2016

Hier après-midi, sous un soleil éblouissant, j’ai squatté un terrain vague de Laval, derrière le Centre Bell, en compagnie de Valéry Pelletier, artiste en résidence à Verticale, de son mentor Marc-Antoine K. Phaneuf, et d’une dizaine d’autres personnes. J’y étais mandatée par la SLL aux fins d’un article dans le périodique ENTREVOUS. L’artiste présentait une installation temporaire de deux photographies montrant le sommet de toitures émergeant du sol. L’invitation m’avait convaincue de l’intérêt d’être là : Attendre le futur pour recommencer est un projet explorant « les rapports entre le récit textuel et le photographique », et où le « lieu agit comme un contraste poétique dans son environnement urbanisé ». L’artiste, lisait-on encore dans le communiqué, travaille « à partir de son intérêt pour la fiction post-apocalyptique ». plus « Quand l’art visuel se passe de mots »

Révolution à Laval

29 mars 2016

Là, je saute des sorties déjà faites : rencontre avec Hélène Dorion, le 18 mars, chez Memoria, rue Saint-Laurent, à Montréal, où elle présente photos et récit de son beau livre paru chez Druide sous le titre Le temps du paysage;  La morsure de l’ange du Théâtre incliné, le 23 mars au Théâtre des Muses, en conclusion de leur projet de médiation culturelle Lettre à mon pèreIntouchables, l’adaptation théâtrale à la Salle André-Mathieu le lendemain (une adaptation à la québécoise du film, sans sa finesse)… pour annoncer qu’avec Danièle Panneton, la personne-ressource de la SLL dans le champ des arts de la scène, j’irai voir la pièce Révolution à Laval à l’Espace Go, le 1er avril, sur fond de corruption municipale ! Je me demande si on la verra sur l’ile Jésus ?  Une histoire à suivre, donc… plus « Révolution à Laval »

Faire l’amour inspire les comédiens

13 mars 2016

Dilemme hier soir ! Irais-je à la Cinémathèque entendre Andrée A. Michaud présenter le film qui a inspiré son roman «Mirror Lake»? Ou irais-je au Théâtre des Muses de la Maison des arts de Laval pour la représentation de «Faire l’Amour» de la jeune compagnie de théâtre Bienvenue aux Dames ?
Je me décide pour Laval : une seule représentation, c’est maintenant ou probablement jamais ! Je ne l’ai pas regretté, et Diane Landry qui m’accompagnait non plus.  plus « Faire l’amour inspire les comédiens »

Quand Pierre Perrault inspire un romancier qui m’inspire

vendredi 4 mars 2016

«Nous sommes des phrases qui agissent, ou alors nous ne sommes que silence.»
Jean-François Caron

Je suis soufflée ! En remontant le fil des films présentés à la Cinémathèque québécoise par l’UNEQ, dans les séries «Les auteurs invités», cette phrase de Jean-François Caron, inspiré par l’oeuvre cinématographique de Pierre Perrault, me sidère : j’aurais aimé qu’elle prenne naissance dans ma tête tant elle s’accorde avec ce que je comprends de la vie. Merci Jean-François. plus « Quand Pierre Perrault inspire un romancier qui m’inspire »