L’argent et la littérature

article récent : samedi 8 septembre 2018

Vous pensez que je vais vous parler du sous-financement de la littérature ? Eh bien non ! Je viens de découvrir qu’entre 2004 et 2012, le billet canadien de 20 $ véhiculait en très petits caractères une citation de Gabrielle Roy, extraite de son roman La Montagne secrète. «Nous connaîtrions-nous seulement un peu nous-mêmes, sans les arts?» «Could we ever know each other in the slightest without the arts ?»

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Les faiseurs de calembour

Début de la collecte : 20 juillet 2018.
Ce matin, Marie Anne est arrivée au bureau toute rieuse, après avoir reçu sur son téléphone un calembour illustré.
Elle a proposé de le partager sur Facebook, et m’a suggéré d’ouvrir cette nouvelle section de mon blogue : « Les faiseurs de calembour ».


# 2 Calembour ………

 


# 1 Calembour anonyme
– Je vous ai tous réunis aujourd’hui parce qu’il y a un traitre par minou.


Calembours d’auteurs. plus « Les faiseurs de calembour »

BLOGUE – Les voies (voix) de Sting et de Cohen

article récent : lundi 4 juin 2018

Ce soir à Art TV, Sting l’électron libre. Je ne voulais pas manquer ce documentaire. Depuis 1984, l’image de Sting que j’avais en tête venait de Dune, le film de David Lynch adapté du roman de Frank Herbert. Je le savais talentueux, j’ignorais tout de sa vie et j’avais oublié combien il est beau. Britannique, comme David Bowie et comme mon mari. Le même type de physique. Bon, cela explique mon intérêt pour le documentaire, mais je ne m’attendais pas à être à ce point captivée. plus « BLOGUE – Les voies (voix) de Sting et de Cohen »

Ciné-club maison : les films

Films présentés et à venir, dont la thématique est la représentation au cinéma de littéraires fictifs : auteur, éditeur, professeur de littérature, critique littéraire, libraire, bibliothécaire, écrivain public, lecteur…

Pour manifester votre intérêt à participer un dimanche après-midi au prochain club-club maison (en français) de Danielle Shelton, le film 5, expédiez-lui un courriel: ds@danielleshelton.com
Gratuit pour les membres de la Société littéraire de Laval.   10$ pour les non-membres, au profit de la SLL. La discussion a lieu après le visionnement, autour d’un repas communautaire ou offert par l’hôtesse.

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«Conan le barbare aime la poésie» et autres traques insolites de la poésie et de la littérature au cinéma

dernière mise à jour : 2 juin  2018 – début de la recherche : 29 juillet 2017

J’adore le cinéma en chercheuse : je traque littéralement – et sans aucun a priori – la littérature dans les films. C’est donc une invitation à participer à ma traque de la littérature au cinéma : s’en tenir, s.v.p., aux situations inusitées. J’attends vos trouvailles

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Liens vers des recherches connexes.
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Le Docteur House et autres penseurs fictifs d’aphorismes

début de la recherche : 22 février 2018

Un aphorisme est un énoncé autosuffisant une fois sorti de son contexte. Il a cette particularité de se frayer un chemin dans notre esprit en provoquant d’autres pensées. Plusieurs auteurs littéraires s’y adonnent sciemment (par exemple, le poète lavallois Patrick Coppens : Pensées pensives). Mais, ce qui m’intéresse ici, ce sont les auteurs de scénarios cinématographiques ou télévisuels qui créent, probablement à leur insu, des personnages fictifs qui lancent des aphorismes au milieu des dialogues. Le premier qui a attiré mon attention est le personnage du Docteur House.  plus « Le Docteur House et autres penseurs fictifs d’aphorismes »

Shakespeare et cie dans les séries télévisées populaires

Quels personnages fictifs d’une populaire série télévisée fait cette citation d’un auteur célèbre?

Q 1 – «Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre que n’en rêve votre philosophie.» .Hamlet [1601] – dans un dialogue avec Horatio – William Shakespeare
R 1 –Shane et Oliver, ensemble, dans l’épisode 1 de la série Les lettres orphelines. plus « Shakespeare et cie dans les séries télévisées populaires »

Du Gilles Vigneault chanté à Jack Nicholson

jeudi 17 mai 2018

Dans mon article «Conan le barbare aime la poésie et autres traques insolites de la littérature au cinéma», je critiquais la traduction québécoise vulgaire de la comédie d’action Mon meilleur ennemi (le film 9 de ma liste). En revanche, aujourd’hui, j’ai des compliments à faire pour la traduction québécoise du film La promesse (réalisé par Sean Penn), où lors de la fête de retraite du détective Jerry Black (Jack Nicholson), ses collègues lui chantent : «Mon cher Jerry, c’est à tour de te laisser parler d’amour…» C’est le refrain de la chanson Gens du pays composée en 1975 par notre poète nationaliste Gilles Vigneault, et c’est sur le Mont-Royal en 1976 qu’il a invité les Québécois à le chanter lors des célébrations d’anniversaire en lieu et place de Bonne Fête ou Happy Birthday. Le film La promesse est sorti en 2001, du temps où on le chantait encore beaucoup, ce refrain de Vigneault. Mais ces dernières années, je l’ai moins entendu. Et vous ?

Robert Lalonde et le poisson du supermarché

mercredi 25 avril 2018

Je ne cacherai pas avoir une télé au pied de mon lit. Très utile en cas d’insomnie, les meilleurs documentaires étant souvent programmés au milieu de la nuit. Or, ce matin, j’ai retrouvé sur la tablette où je note irrégulièrement mon poids, cette phrase : «S’il n’y a rien de spécial, c’est que rien ne se passe.» Je pense l’avoir entendue au petit écran, mais je n’ai pas noté le nom de la personnalité qui a dit cela. Je ne pense pas que cela soit moi! Mais, après réflexion, peut-être est-ce de mon cru tant ces mots reflètent ma pensée. Je vis de cette façon et hier soir, j’ai eu la confirmation (si tant était besoin que cela me soit confirmé) que Robert Lalonde aussi vivait ainsi. Cette phrase résume la pensée d’un écrivain. Elle est processus de création. Hier soir, à la bibliothèque Gabrielle-Roy de Laval, Robert Lalonde a raconté avoir fixé du poisson dans le comptoir frigorifié d’un supermarché afin d’écouter discrètement une conversation entre des clients. Le poisson et les clients sont des matériaux littéraires susceptibles d’être utilisés dans la fabrication d’une de ses œuvres. Et moi aussi je suis un matériau puisque j’ai croisé Robert…
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Recommandation de lectures : tous les carnets d’écrivain de Robert Lalonde, le plus récent étant La liberté des savanes. Une phrase à la fois simple et complexe de ce recueil (page 18) pour clore cet article et ouvrir le temps : « J’ai mon plein de vitamines pour la journée. »

L’enfant, la BD et la philosophie

mercredi 7 mars 2018

C’était l’anniversaire de mon petit fils. La famille s’était entendue pour lui offrir des albums de la série de BD Les légendaires. Il avait demandé ce cadeau après avoir regardé les images du premier album reçu à Noël, sans rien lire. Alors, les six nouveaux albums (la série en compte 20 à ce jour) ont été mis sur une tablette, bien en vue, et une condition d’accès a été posée : lire le tome 1, pour accéder au tome 2 et ainsi de suite. Quelques jours plus tard, ma fille Marie Anne entend à son réveil du bruit dans la chambre de son garçon. Elle entrouvre la porte : elle le voit déjà tout habillé en train de lire sa 5e BD. Apercevant sa mère, son visage s’illumine et il s’écrit avec un enthousiasme que je vous laisse visualiser: «Maman, j’adore lire !» Mattias est un enfant autiste.

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Je ne suis plus un drôle d’oiseau ou un couteau suisse : je suis une slasheure

dimanche 25 février 2018 (+ les commentaires d’internautes)

Ce matin, un signet de l’Atelier 10 est arrivé dans ma boite de courriel, avec un lien vers un article du journal Le Devoir : Le nombre de «slasheurs» adeptes du pluritravail est en progression. Enfin, je mets un nom sur ma profession ! Je peux désormais cesser de me désigner comme un drôle d’oiseau ou un couteau suisse, je peux renoncer à expliquer que je suis une mordue du pluritravail qui carbure à la polyvalence et au multitâche, et que l’hyperspécialisation et le travail en silo, c’est très peu pour moi; je n’ai plus qu’à dire : « Je suis une slasheure». plus « Je ne suis plus un drôle d’oiseau ou un couteau suisse : je suis une slasheure »

Le président, la poète et la Statue de la Liberté

mercredi 17 janvier 2018

Une autre histoire américaine où la poésie parle au politique. Lundi dernier, à RDI, la journaliste Francine Pelletier commentait la politique d’expulsion des clandestins de  Donald Trump, en rappelant le sonnet de la poétesse juive Emma Lazarus (1849-1887), gravé sur le socle de la Statue de la Liberté :

« Donnez-moi vos pauvres, vos exténués
Qui en rangs serrés aspirent à vivre libres,
Le rebut de vos rivages surpeuplés,
Envoyez-moi ces déshérités rejetés par la tempête
De ma lumière, j’éclaire la porte d’or ! »

Le président, le poète et le physicien

dimanche 26 novembre 2017

Avec l’aide de mes lecteurs, j’ai répertorié et documenté à ce jour quatre présences improbables de poésie dans des films (voir mon bloque du 29 juillet 2017), mais cet après-midi, j’ai trouvé quelque chose d’autre qui s’en rapproche : un processus de création poétique aussi fictif que crédible dans un épisode de la série américaine Madame la Secrétaire d’État. Le scénario s’appuie sur une tradition instituée par J.F. Kennedy: la lecture, pendant la cérémonie d’investiture du président des États-Unis, d’un poème. À la première investiture de Barak Obama, cet honneur est revenu à Elizabeth Alexander, qui a récité son poème spécialement écrit pour l’occasion: Praise Song for the Day (texte plus bas). Je n’ai pas cherché à savoir si un poème a été lu lors de l’investiture de Donald Trump.

Dans la série télévisée – créée par une femme, Barbara Hall –…. plus « Le président, le poète et le physicien »

Je suis obligée d’aimer Hydro

samedi 4 novembre 2017

«J’ai vu la pièce J’aime Hydro. L’intelligence de Christine Beaulieu est manifeste tout autant que le naturel avec lequel elle occupe l’espace. Leslie Piché me disait avoir entendu à la radio, il y a quelques temps, l’épisode 1 (il y a en maintenant 5) du spectacle et ne pas avoir été impressionnée par le texte. Béatrice Picard, elle, n’avait pas jugé le texte pertinent pour le public du Théâtre Jean-Duceppe (elle est membre du comité de sélection). Toutes les deux ont raison. C’est le tout sur scène qui est sensationnel : trois comédiens (Christine, Mathieu Doyon en animateur de radio et Mathieu Gosselin incarnant 28 rôles à lui seul!), des vidéos d’archives, des photos, des illustrations, du motion design, des post-its projetés sur grand écran, des éléments de décor mobiles, simples et efficaces, absolument tout est nécessaire, sauf le mot moralisateur de la fin que Christine lit comme si elle venait de l’ajouter à son show (ce qui est peut-être le cas, je vais le vérifier dans le livre que je me procurerai en PDF – chose certaine, j’ai entendu des murmures désapprobateurs dans la salle).
Ah ! j’oubliais de vous le préciser : … plus « Je suis obligée d’aimer Hydro »

Yétili et les poètes

21 octobre 2017

C’est un autre article de mon blogue qui parle d’éducation (voir l’article du 23 décembre 2016). Lorsque je garde chez moi mes trois petits-enfants, on se tasse sur le divan en regardant la chaine Yoopa. Rarement des émissions que je laisserais mes petits regarder seuls, alors on commente, on réfléchit sur ce qu’on voit, on tire des leçons et on dessine en même temps. Mais ce matin, à 7 h 45, 15 minutes de pur bonheur en compagnie de Yétili (le yéti qui lit)…

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La saison de l’élagage

9 octobre 2017

Fin septembre, j’étais en retraite d’écriture à Saint-Pierre-Les-Becquets, dans un petit chalet en bordure du fleuve. Sans Wifi ni téléphone. Il faisait très très beau. Un après-midi, j’ai voulu visiter le village : oser les «frites maison» et jaser avec la serveuse, m’immiscer quelques minutes à la coopérative artisanale où des femmes s’employaient à tisser des catalognes à l’ancienne pour le Marché de Noël et explorer la bibliothèque. Nous y sommes : on venait d’y faire l’élagage des livres en trop, il y en avaient quelques centaines à l’entrée, à donner. J’ai voulu connaitre les critères d’élagage.

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Erreur sur la destination

28 mai 2017
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Une réponse de Jean-Luc Proulx à lire dans Entrevous 05 (octobre 2017).
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«Je reviens de Rome davantage assommée par les histoires de cruauté et de vénalité qu’éblouie par la grandeur d’une civilisation conquérante et la richesse artistique d’un pouvoir religieux. J’ai aimé en revanche marcher parmi les populations des collines de l’Ombrie, fières de restaurer leurs villages et de réinventer une agriculture écologique, moderne.» C’est ainsi que j’ai commencé mon liminaire du numéro 04 de la revue d’arts littéraires ENTREVOUS. La suite a bifurqué sur autre chose que ce voyage pendant que bien des questions sur moi-même demeuraient en plan. Qu’y avait-il à apprendre encore? plus « Erreur sur la destination »

La cloche 826

26 février 2017

Je l’ai reçue en cadeau au printemps 2000 : posséder la cloche 826 m’octroyait une place sur l’esplanade de l’Oratoire Saint-Joseph parmi les 2000 carillonneurs de la Symphonie du millénaire. Cela tombait bien, mon moral n’était pas au plus haut. Ç’est ça l’amitié : se voir offrir ce dont on a besoin à ce moment-là. Et voilà qu’aujourd’hui, ma cloche a carillonné à nouveau, pour la reprise de la symphonie* à la Basilique. Et ça tombe bien, encore une fois. Nous ne sommes plus que 20 carillonneurs, plus privilégiés encore qu’au tournant du millénaire de faire partie de cette musique. Carillonner «emmieute» le moral.

*Pour fêter le 375e de Montréal, Walter Boudreau a fait une recréation respectueuse de l’œuvre collective originale. Un projet de la Société de musique contemporaine du Québec. Interprétation de l’Orchestre Philarmonique des Musiciens de Montréal.
Tiens! mon cercle de relations professionnelles s’est agrandi depuis 2000 : outre Walter Boudreau, j’ai fait la connaissance entretemps d’un autre des compositeurs de la symphonie, 
Anthony Rozankovic (rencontré au Festival de Lanaudière l’été dernier, pour un article dans Entrevous 03). Il y a aussi un Vincent Collard dans la liste : est-ce celui dont j’ai publié la poésie dans la revue Brèves littéraires 89 ? Je lui laisse un message dans sa boite vocale… à suivre.

La vie en tableaux, comme au cinéma

6 février 2017

Souper-causerie au Saint-Houblon, samedi dernier, puis film à la cinémathèque. Nous sommes cinq*, de la Société littéraire de Laval, en reportage pour la revue Entrevous.
J’ai déjà écrit avoir dans ma tête un carrousel  de diapositives qui toutes montrent un détail de ma vie. Technologie périmée, remplacée avantageusement par un album de photos numériques qui défilent à souhait sur mon écran intérieur. Ma vie en tableaux muets et figés me rapproche de Réjane Bougé. Dans son récit Je ne me lève jamais avant la fin du générique, elle dévoile 34 séquences de son histoire personnelle, chacune associée à un ou plusieurs films (154, au total!) , dont celui qu’elle a présenté à la cinémathèque, Thérèse**, construit au plus près d’un autre de ses récits intimes sensoriels, Bruits et gestes perdus, quarante-deux tableaux pour une disparition***.
Si la présentation de Réjane nous a bien préparé à voir le film avec ses yeux, on aurait aimé qu’un échange avec elle soit prévu ensuite. Dans notre groupe, Gilbert et Thérèse, compositeur et librettiste d’opéra, auraient exprimé leur doute qu’au Carmel de Lisieux on ait chanté La Belle Hélène d’Offenbach. Louise aurait partagé son émotion esthétique et spirituelle et fait le rapprochement avec Dialogues des carmélites, opéra vu quelques jours auparavant en lien avec le documentaire qu’elle a réalisé sur les Carmélites de Berthierville. Je ne suis pas certaine que Lucette, artiste en arts visuels, aurait voulu ajouter quelque chose. Quant à moi, qui n’a pas d’affinité avec la sainteté refermée sur elle-même, j’aurais dit que la poétique des images du réalisateur Alain Cavalier me rappelle Dogville de Lars von Trier. Je n’aurais pas pensé, à chaud, à tous les films qu’à l’instar de Réjane, j’ai mentionné dans mes écrits : Salé sucré, Le festin de Babette, Sentimentalement vôtre, La Grande bouffe, Le Club de la chance, Bagdad Cafe… 
Vous, lecteur, je suis certaine que votre vie aussi est un festival de films. J’aimerais vous lire à ce sujet : voilà un appel à contributions de plus pour Entrevous.

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Le brochet

28 janvier 2017

Est-ce que j’aime l’hiver ? De moins en moins, mais de plus en plus j’aime sortir mes petits-enfants et hier, nous sommes allés en famille pêcher sous la glace de la rivière des Mille-Iles. Des messieurs très sympathiques de l’organisme à but non lucratif qui loue les cabanes de pêche, chauffent le poêle à bois, déglacent les trous, nous remettent une chaudière de menés (les appâts) et nous installent une brimbale, nous laissant le plaisir des neuf autres. Et l’attente commence puis, vers 15 heures, ma fille Marie Anne sort de l’eau un beau brochet. Elle pêche depuis son enfance (j’en témoigne) et, dit-elle, elle n’est jamais revenue bredouille. D’autres familles accourent, une fillette pleure devant le poisson qui s’agite sur la neige, une jeune garçon effleure prudemment de sa mitaine la peau de l’animal. Mes trois petits enveloppent leur trophée dans du petit journal et l’installe dans notre traineau. Les messieurs disent qu’il y aura quelque chose à inscrire au calendrier à la fin de la journée ! Notre brochet est le seul que la rivière a sacrifié au cours de cette journée venteuse.

.peche_blanche_cabanes   Notre cabane : la rouge, numéro 4.
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Qu’est-ce qu’une pêche blanche en janvier a à voir avec la littérature ? En début de semaine, j’ai rédigé un projet de médiation culturelle qui initiera à la littérature québécoise des immigrants lavallois en processus de francisation. Le premier récit, de Martin Thibault, s’intitule Sur le chemin Marchant. Une histoire de chasse à la perdrix en octobre et de pêche au printemps. Pour Martin comme pour moi, il est facile de transformer l’automne aussi bien que l’hiver en «eau fraîche, dans son imagination. Comme celle du mois de juin quand le goût de la truite force les pêcheurs à s’enfoncer jusqu’aux cuisses dans la rivière Wildcat, qui coule pas très loin du chemin Marchant.» (p. 17, éditons du Noroit). Et vous ?

La culture à l’école : le meilleur et le pire

23 décembre 2016

Cette semaine, deux de mes petits-enfants présentaient un numéro dans le spectacle de Noël de leur école primaire. Pas de problème pour le groupe de Lilou, 6 ans, qui dansait sur une jolie musique sans parole. Le groupe de Mattias, 8 ans, s’en est tiré très bien lui aussi avec la chanson On écrit sur les murs des Kids United, un groupe de six jeunes Français formé en 2015 pour une campagne de l’UNICEF. S’ils se sont dotés d’un nom anglais, ils chantent des textes intelligents qui célèbrent la paix et l’espoir, et ce en français (sauf Imagine de John Lennon). En somme, le répertoire de Kids United est un choix parfait dans un milieu éducatif, d’autant plus que les profits de la vente de leurs CD sont partagés pour venir en aide à des enfants du monde entier (déjà plus d’un demi-million d’albums vendus).

kidsunitedalbums

Les paroles sont sur Internet, allez-voir… Personnellement, j’ai fait mieux : j’ai téléphoné chez Archambault et réservé leurs deux CD que j’irai chercher tout à l’heure. Je les offrirai à Noël à mes chers petits et je suis certaine qu’ils connaitront bientôt les paroles des chansons, qu’ils s’inventeront de charmantes chorégraphies et que leurs parents seront enchantés de tout cela.

Là où le bât a blessé à cette école de Laval? Le numéro de la 5e année : une parodie de l’émission La Voix, avec un jury de similis Marie-Mai, Isabelle Boulay, Éric Lapointe et Marc Dupré complaisants et, surtout, le choix des chansons du karaoké : une en anglais (ce n’était pas dans le contexte d’un cours de langue seconde) et l’autre d’un goût douteux : Papaoutai. Les pré-ados avaient le sens du rythme et du spectacle, mais leurs enseignantes, avaient-elles lu les paroles?  Je vous en «copie-colle» un bout… lisez la suite et écrivez-moi ce que vous en pensez.  plus « La culture à l’école : le meilleur et le pire »

J’aurais voulu être un cozic…

17 novembre 2016

Le 9 novembre dernier, j’ai retrouvé à l’édifice des Archives de la BAnQ une belle équipe de reporters d’ENTREVOUS pour une visite commentée de l’exposition Le livre d’artiste repensé, qui souligne les 50 ans de l’Atelier Graff. Les commissaires ont juxtaposé des livres d’artistes de la relève, créés pour l’occasion, à des livres d’artistes de la collection de la BAnQ, réalisés à l’atelier Graff au fil des ans. A priori une bonne idée. J’ai circulé, dubitative, d’une œuvre à l’autre et j’ai stoppé net devant On nous épie : un livre d’artiste de photos d’une installation de Cozic, avec un poème de Jean-Paul Daoust.

J’ai piqué sur Internet cette photo du bicéphale Cozic : un couple d’amoureux, Yvon Cozic et Monic Brassard, qui créent des œuvres communes depuis plus de cinquante ans et les signent d’un seul nom.

yvon-et-monic

Ils étaient là, à l’expo Graff !  J’espérais cette rencontre depuis 1997 ! Je l’ai dit à la tête mâle de Cozic : son (leur) projet de vie, c’est mon idéal. Depuis mes 17 ans, je cherche la tête d’homme qui fera de nous un artiste bicéphale. Si vous me connaissez, vous savez qu’entre 2010 et 2016, j’ai pensé avoir réussi et qu’il m’a reléguée dans ses limbes. Mais laissons cela, ce que je veux ici, c’est tenir une promesse faite à Cozic de retrouver l’extrait de mon roman écrit en 1997, Quatre nuits quatre matins, qui parle de lui (d’eux). Le voici :

« Adieu : formule par laquelle on marque qu’une chose est perdue pour soi.  Solitude : situation d’une personne qui est seule, de façon momentanée ou durable. D’une personne qui n’a plus que le rêve.
J’ai rêvé de rêver ma vie à deux… De m’évader ensemble… Comme Cozic. Ces artistes qui signent d’un seul nom. Deux géniteurs, une seule œuvre. Depuis vingt ans. Symbiose. Fusion. Rituel. Archéomysticisme. Ils exposent. Dans la première salle, un guerrier qui assure la protection d’autels disparates. Dans la deuxième, un parcours d’offrandes. Dans la dernière, trois gisants, symboles de foi, de charité, d’espérance.
Espoir : personne qui est l’objet de ce sentiment.»

Je fais un ajout à ce blogue (le 24 novembre).
À l’expo Graff, la tête mâle de Cozic et moi, nous avons parlé du Code Couronne, un autre projet réalisé avec le poète Jean-Paul Daoust. Suivez ce lien, et dites-moi si cela vous fascine autant que moi :  http://www.lapresse.ca/arts/arts-visuels/201311/06/01-4707898-cozic-derniers-actes-du-code-couronne.php

Bianca, Florence et Marguerite

29 octobre 2016

La cantatrice américaine Florence Foster Jenkins [1868-1944] aurait inspiré Hergé pour son personnage de la cantatrice italienne Bianca Castafiore. Bien les archives du bédéiste ne le confirme pas, il s’est trouvé des observateurs pour faire des rapprochements : le silence sur la voix fausse de Florence se compare au silence sur la corpulence de Bianca; la photo et le dessin ci-dessous sont éloquents; etc.

Cet automne, deux femmes se font concurrence sur les écrans des cinémas québécois : Florence elle-même et Marguerite, l’incarnation française de la première. Le prénom Marguerite se trouve être celui de la jeune fille qui chante l’air préféré de la Castafiore : l’Air des bijoux, dans l’opéra Faust de Charles Gounod. Il y a aussi Margaret Dumont, une actrice américaine des comédies des Marx Brothers, une contemporaine de Florence dont le nom de scène était Marguerit Dumond. Hasards? Peut-être.

Dans chacun des rôles, une grande actrice : Meryl Streep et Catherine Frot. J’ai d’abord vu Florence et j’ai ri, j’ai été émue par cette adaptation proche de la biographie. J’ai ensuite vu Marguerite – dont j’attendais davantage, vu la liberté que le scénariste s’était octroyée – et j’ai été conquise par la sublime musique classique et le décor des années 1920 des premières minutes, puis de plus en plus contrariée par l’atmosphère suffocant, les clichés et une fin improbable.

L’auteur-réalisateur Xavier Giannoli a inséré dans la vie de sa cantatrice, plus pathétique encore que la vraie, un mari pleutre, un gras divo déchu et son mignon, une tireuse de cartes à barbe et un majordome noir, photographe et pianiste, qui la protège, la vénère et pourtant la trahit à la fin.

Les 112 minutes de Florence ont passé vite, mais les 127 minutes de Marguerite m’ont paru très longues et bien en-dessous du réel, qui, ici, dépasse la fiction.

Florence Foster Jenkins a inspiré plusieurs pièces de théâtre. En 2008, la pièce La casta flore, de la Compagnie Jean-Duceppe, présentait sur scène la vie de la cantatrice américaine, de sa rencontre avec son pianiste accompagnateur Cosmé McMoon, jusqu’à sa mort.

La littérature est dans les chansons

14 octobre 2016

Est-ce que j’applaudis au choix de Bob Dylan comme récipiendaire du Nobel de littérature? Non

Cela vous surprend, vous qui connaissez la ligne éditoriale du périodique ENTREVOUS et le slogan de la Société littéraire de Laval : «La littérature est partout.» D’accord, les chansons immortelles de Dylan sont de la poésie et le géant a révolutionné le genre folk américain, influencé par les romanciers et les poètes de la Beat Generation américaine des années 1950. Mais voilà : ma première pensée a été pour les grands auteurs de littérature pure et dure et imprimée. Voilà que la plus prestigieuse reconnaissance de leur talent s’en est allée flirter sur scène. «La poésie de l’oreille» a dit le jury… Du côté des livres, l’ombre s’est encore un peu plus opacifiée.

À Radio-Canada, on a invité à l’annonce du prix un critique musical. Une idée trop facilement concevable, quoique plus «professionnelle» que la mode des comédiens et humoristes à qui on fait endosser des habits trop grands de critiques littéraires. Où sont-ils ceux-là? À ce point en voie d’extinction qu’on n’en trouve pas même un quand on en a besoin?

Bon! j’ai trouvé sur Internet une traduction de ma chanson préférée de Bob Dylan, préférée pour sa poésie…  Blowin’In The Wind (ouvrez la suite pour lire)
Je confesse que le mot «Wind» y est pour quelque chose : il est aussi dans ma chanson préférée de David Bowie : Wild is the Wind

plus « La littérature est dans les chansons »

Liste des choses à ne vivre qu’une fois : un concert de trombones

25 septembre 2016

Depuis mon enfance, je souhaite être généraliste, par opposition à spécialiste. D’aussi loin que je me souvienne, je suis habitée par la conscience que n’ayant qu’une vie, je veux faire le plus de choses possible et pour une maximum d’entre elles, ne les faire qu’une fois (par marque de temps). Hier, j’ai ajouté à ma liste des choses vécues une fois pour toute dans ma vie un concert de trombones (l’ajout poétique, en partenariat avec la Société littéraire de Laval, était là en bonus).

trombone

Certes, la qualité de la poésie de Patrick Coppens, le choix du répertoire musical et le talent pédagogique du sympathique Alain Trudel, formant un excellent quatuor avec les trois trombonistes de son orchestre (OSL), sont des évidences réjouissantes. Ce qui l’est moins et mérite d’être souligné, c’est le caractère unique de ce bel après-après.

Qui a déjà assisté à un concert de trombones? Aucune des personnes que j’ai interrogées à la chapelle du Mont-de-La-Salle après la performance. Bon! je n’ai pas questionné les quelque deux cents auditeurs présents, mais une bonne quarantaine. J’ai demandé à chacun s’il avait conscience d’avoir participé à une chose unique, qu’il n’avait pas vécu auparavant et qu’il ne revivrait probablement jamais. Des yeux se sont allumés, des sourires ont éclairés des visages. Ce que nous venions de vivre prenait une couleur encore plus vive : nous étions des privilégiés et tant pis pour les absents!

Pub pernicieuse VS club de lecture

2 septembre 2016

Que préférez-vous ? Vous ennuyer à parler d’un livre que personne n’a lu ou rigoler avec vos copines en vous gavant de croustilles mexicaines ?  Absurde ? Il y a quelque part une agence de publicité mal inspirée qui a vendu cette alternative pernicieuse à un client ignare.

Je vous résume la pub : une belle fille arrive la dernière à son club de lecture. Ses copines ont déjà empilé leur livre sur une table, à l’écart du groupe. La nouvelle venue ajoute le sien sur le dessus de la pile. Un narrateur omniscient lui fait comprendre qu’elle n’a pas à se sentir coupable de ne pas l’avoir lu, et l’image nous démontre clairement que c’est aussi le cas des autres belles filles. Qu’à cela ne tienne! la soirée sera ainsi plus agréable : pas de discussion intellectuelle, mais tout plein de bavardage insipide autour d’un grand bol de croustilles mexicaines et sa salsa!

Comme dit ma fille à moi : «Quand tu t’inscris à un club de lecture, c’est que tu es intéressé à la lecture.» Et moi d’ajouter : «Et si tu as le corps de ces filles-là, ce genre de collation ne fait pas partie de ton régime alimentaire.» Quelle pub doublement pernicieuse!

La Société littéraire de Laval n’a pas, comme tel, un club de lecture, mais elle lance régulièrement des appels à contribution pour son périodique ENTREVOUS, qui ont pour point de départ un livre qu’on invite à lire dans le but précis d’alimenter un article ou une activité de la programmation. Ainsi, les livres à lire et commenter dans les prochains mois (certains jumelés à mon ciné-club maison et/ou à une sortie au théâtre, à une promenade littéraire dans un lieu de mémoire, à un café littéraire, etc.) sont : Intouchables de Philippe Pozzo di Borgo, Notes de chevet de Sei Shonagon, l’oeuvre d’Anne Hébert, Mrs Dalloway de Virginia Wolf, Les heures de Michael Cunningham, Odette Toulemonde et autres histoires et Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, d’Eric-Emmanuel Schmitt, La grosse femme d’à côté est enceinte de Michel Tremblay, Journal d’une étudiant en histoire de l’art de Maxime-Olivier Moutier, La bibliothèque, la nuit d’Alberto Manguel, etc.

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Citation de Moutier, sur l’image : «Une chance que la beauté existe. Heureusement que l’art est partout.»

La sagesse d’Agatha et le lecteur inconnu

29 juillet 2016

Je travaille à un article sur Agatha Christie, pour le numéro 02 du périodique ENTREVOUS. J’ai lu ses romans dans ma jeunesse. Je viens de terminer la lecture de son récit des fouilles archéologiques de Max Mallowan, son second époux, aventures dans lesquelles elle a joué un rôle actif. Je suis maintenant à la moitié de son autobiographie, florilège de souvenirs épars ponctués de réflexions personnelles, notamment sur la création littéraire. C’est à ce point riche que j’ai eu ce matin l’idée de verser dans l’onglet REVUE ENTREVOUS les citations qui déborderont de mon article de seulement deux pages, et plus encore, d’en faire une habitude, voire même de remonter au numéro o1 pour offrir aux lecteurs un complément virtuel au périodique imprimé.

Mais ce dont je veux vraiment parler ici, c’est de la magie du destin. L’exemplaire de l’autobiographie d’Agatha Christie que j’ai en mains a été emprunté dans une bibliothèque de Laval. La copie est annotée au crayon de plomb : des points d’exclamation, des astérisques, des tirets, de longues barres verticales… exactement là où j’aurais fait de même si j’eus reçu le livre vierge et que j’eus osé le crayonner. Comme l’a écrit Agatha elle-même, en page 14 de cette édition de 2002 du Masque-Hachette :

« Prendre part à quelque chose que l’on ne comprend pas est, à mon avis, l’une des composantes les plus fascinantes de l’existence. »

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