Ciné-club maison : les films

Films présentés et à venir, dont la thématique est la représentation au cinéma de littéraires fictifs : auteur, éditeur, professeur de littérature, critique littéraire, libraire, bibliothécaire, écrivain public, lecteur…

Pour manifester votre intérêt à participer un dimanche après-midi au prochain club-club maison (en français) de Danielle Shelton, expédiez-lui un courriel: ds@danielleshelton.com
Gratuit pour les membres de la Société littéraire de Laval.   10$ pour les non-membres, au profit de la SLL. La discussion a lieu après le visionnement, autour d’un repas communautaire ou offert par l’hôtesse.

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AUTRES FILMS AVEC UN PERSONNAGE LITTÉRAIRE FICTIF (rôle secondaire)
Le Violon rouge : Victoria Byrd, la romancière amante du violoniste virtuose Frédérick Pope
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Commentaire paru dans ENTREVOUS 03, page 48
«[…] tout le scénario mériterait un développement, mais nous nous focaliserons sur les années 1890, où l’histoire du violon est liée à une carte du tarot de l’arcane XV, Le Diable. Des Gitans se sont transmis l’instrument pendant près de cent ans, avant de le céder à Frédérick Pope. Cet aristocrate anglais, riche, décadent et talentueux entretient une relation symbiotique avec Victoria Byrd, une écrivaine qui trouve son inspiration là où elle campe ses personnages fictifs. Elle part en Russie terminer un roman et de là, écrit à son amant des lettres enflammées. Mais, privé de sa muse, le virtuose sombre dans la dépression et l’opiomanie. Une gitane le ramène à la vie. Sur ce, toujours très amoureuse, la romancière revient. Les retrouvailles sont tragiques. C’est la romancière qui nous intéresse. Même si elle n’est qu’un personnage secondaire, ses scènes méritent une inscription du film dans la programmation de notre « ciné-club à la maison », dont la thématique est la représentation au cinéma de gens de lettres fictifs. Le processus de création littéraire de Victoria Byrd est crédible et ses échanges sur le sujet avec Pope, inspirants.»


FILM 6 – (date de projection à déterminer) – Elle (Her)
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Synopsis du scénario de Spike Jonze – Dans un futur proche à Los Angeles, Théodore (Joachim Phoenix) travaille comme écrivain public pour une entrepris rédigeant des lettres de toutes sortes : familiales, amoureuses… Dépressif, il installe un nouveau système d’exploitation OS1, auquel il donne une voix féminine prénommée Samantha (voix de Scarlett Johansson). Il entame avec cette intelligence artificielle conçue pour s’adapter et évoluer une relation amoureuse et passionnée.
Extrait – Théodore dit à Samantha : «Un éditeur qui publie encore des livres va publier mes lettres.»


 

 


FILM 5 – (date de projection à déterminer)Les revers de l’amour

     

C’est un autre film inspiré d’un roman. Le narrateur est un comédien qui n’obtient guère que des contrats de publicité. Il renonce à ce métier et nourrit l’ambition de devenir écrivain. Il entreprend donc l’écriture d’un premier roman autobiographique et humoristique, qu’il publie à compte d’auteur, faute d’éditeur (une problématique aussi contemporaine que le récit lui-même). À sa première lecture publique, il vend un exemplaire… à son ex-petite-amie, personnage central du livre. Ce qui est fascinant ici, c’est qu’on entend en voix hors champ (voix off) et on devine dans les images son processus de création. Un roman écrit en français par Euphrasie Calmont*. Un film du réalisateur américain Brian Klugman.

*Euphrasie Hounkonnou Calmont est née au Bénin. Romancière à succès, elle est aussi poète : elle a reçu le Prix Aimé Césaire, pour son poème L’Humanité. Elle a vu cette annonce du ciné-club et elle a cliqué «J’aime votre page…».


FILM 4 – 2018.01.28 – Les heures

MrsDalloway     Roman-Lesheures     affiche
Son quatrième ciné-club, Danielle Shelton l’a enrichi d’un club de lecture. Elle a vu le film Les heures (The Hours), et elle en a écouté la musique de Philip Glass plusieurs fois avant de réaliser qu’elle devait absolument lire Mrs Dalloway de Virginia Woolf pour mieux comprendre le film et le personnage de Clarissa, l’éditrice jouée par Meryl Streep. Cela a donc été une invitation à lire ce roman et ensuite celui de Michael Cunningham qui a inspiré le film, puis de s’inviter chez elle pour une rencontre exceptionnelle autour de Mrs Dalloway, à la fois «roman-phare» de la romancière anglaise Virginia Woolf, et du roman Les heures, de l’étasunien Michael Cunningham, une magnifique méditation sur le temps, l’amour et la mort à travers le récit entrecroisé de la vie de trois femmes vivant à des époques différentes, notamment l’écrivaine Virginia Woolf. Ce roman a inspiré le film Les heures, magnifiquement porté par la musique par Philip Glass, et dans lequel on trouve des personnages du champ de la littérature : une auteure, une bibliothécaire, une éditrice et un poète.

Commentaires paraphrasées d’une participante (d’autres à venir) 

«Je suis super impressionnée par la justesse des personnages du roman The Hours, et par cette façon dont Michael Cunningham a récupéré les faits principaux de Mrs Dalloway, un livre émouvant et si triste.»
Suzanne St-Hilaire

«[…] Je trouve surprenant que l’auteur [Michael Cunnigham] ait attribué aux personnages qu’il a créés des rôles qui les rendent tous malheureux. Il leur distribue des « jeux de rôles » différents, insatisfaisants, qui alimentent un sentiment d’isolement, une dépression profonde, une confusion dans leur identité sexuelle, une incapacité à s’engager émotionnellement, ce qui provoque des ruptures relationnelles.  Un « mal être » unit ses trois personnages [littéraires fictifs : Clarissa, Richard et Laura]. Et je ne peux m’empêcher de penser que si c’est ce que ressentait Virginia Woolf, elle devait être une femme véritablement torturée. C’est d’une tristesse…»
Louise Arseneault

 


FILM 3 – 2017.04.09 – Le poème


Pour son troisième ciné-club, Danielle Shelton a proposé Le poème. Ce beau film de Lee Chang-dong, qui a reçu à Cannes la palme d’or du meilleur scénario, est l’histoire d’une grand-mère coréenne inscrite à un cours de poésie offert à la Maison de la culture de son quartier.

Commentaires paraphrasées de trois participantes

Le film coréen Le poème est une production cinématographique qui éclaire le processus de création de la poésie. // Inscrite à un cours de poésie à la Maison de la culture de sa petite ville, Mija ne trouvera pas sa source d’inspiration dans la beauté des choses ou de la nature, comme le suggère son professeur de poésie en donnant pour exemple l’observation de la beauté plastique d’une pomme intacte qu’on déguste ensuite. « Pour écrire un poème, il faut bien voir », énonce le professeur. Mija sera la seule élève du cours à lui remettre un poème à la fin de la session. Tout d’abord inspirée par un abricot très mûr qu’elle a ramassé par terre, elle le sera finalement par son quotidien larvé d’épreuves : elle est auxiliaire ménagère d’un vieil handicapé lubrique et elle vit avec son petit-fils Wook qui a participé au viol collectif d’une jeune campagnarde qui s’est suicidée.
Aimée Dandois 

Le film Le poème est d’une beauté inlassable. Élégante, toute en douceur, Mija incarne une  grand-maman patiente et tolérante, dépassée par un problème de santé et par la tâche d’éduquer son  petit-fils. À la recherche du beau et du raffinement, elle veut apprendre comment écrire de la poésie. On lui enseigne que le langage poétique est celui des images et des symboles. Paradoxalement, elle trouvera finalement les mots de son poème dans les conséquences sur sa vie privée du viol collectif et du suicide d’une jeune fille. À travers ses émotions enfin ressenties, qu’en est-il de sa propre détresse, de sa propre mort? Peut-on parler d’une quête d’absolu, d’infini?
Monique Bernier
En groupe, on a compris que Mija, qui se sait atteinte de la maladie d’Alzeimer, dénonce son petit-fils à la police et se suicide, de la même manière et au même endroit que Heejin, la collégienne victime du viol collectif. // On a beaucoup parlée aussi, du «naturel» des soirées de poésie, très semblables à nos micros ouverts. On a noté la technique crédible utilisée par le professeur de poésie : faire raconter tour à tour aux participants un souvenir heureux. // La poésie est dans les mots, les images, le non-dit, le non-montré, partout, du début à la fin, sans mièvrerie. // Je suis allée lire les appréciations du public sur Internet. J’ai été émue par la justesse de celle-ci : «Le cinéma sud-coréen est en général sombre et violent, et sous ses airs de film sensible et poétique, Le poème l’est également.» Je recommande aussi la lecture de ce texte qui dit, se référant à Rimbaud, comment la poésie est «enfant du regard»: https://newstrum.wordpress.com/2016/10/24/poetry-de-lee-chang-dong-bien-voir-le-monde-avant-de-mourir/
Danielle Shelton

FILM 2 – 2016.11.20 – Odette Toutlemonde


Dans le film Odette Toulemonde, il y a un romancier, un éditeur, un critique littéraire et une lectrice. Du scénario de son film, Eric-Emmanuel Schmitt a fait une nouvelle, parue dans le recueil Odette Toulemonde et autres histoires. Ce n’était pas un hasard si ce ciné-club a été programmé quelques jours avant une invitation à voir, à la Salle André-Mathieu, sa pièce Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran.

Commentaires paraphrasés de trois participantes

Un scénario fantaisiste et astucieux : la dernière scène nous fait découvrir (c’est mon interprétation) que le film déroule l’histoire du roman Le bonheur des autres, qu’écrit l’écrivain fictif Balthazar Balsan et dans lequel il se libère du passé «intellectuel» qu’il s’est inventé et qui l’emprisonne dans un rôle qui ne le rend pas heureux. Il est possible aussi que l’auteur Éric-Emmanuel Schmitt se parodie lui-même : le fan-club de son romancier populaire est composé exclusivement de femmes qui apprécient l’évasion que leur procure la lecture, davantage que les qualités littéraires de l’oeuvre. Par ailleurs, si l’éditeur est doté d’une juste dose de bonhomie, le scénario montre à l’opposé un côté mesquin et factice du milieu de la critique et des relations de presse.
Danielle Shelton

Par les couleurs, les chansons de Joséphine Baker, la fantaisie mêlée à la réalité du quotidien, le film réussit à nous transmettre ce que la lectrice Odette Toulemonde ressent en lisant les romans populaires de Balthazar Balsan, l’auteur à qui elle dit devoir la vie.
Diane Boivin

Le film amène notamment ces réflexions : on trouve vraisemblable que par quelque détour tordu, une œuvre jugée mauvaise ou facile par une certaine élite littéraire dégénère en un opprobre social de son créateur ; on se demande si une lectrice envoutée par ses lectures dissocie l’œuvre de son auteur et dans quelle mesure le physique de celui-ci contribue à cet envoûtement.
Diane Landry


FILM 1 – 2016.04.09 – Plus étrange que fiction

            
Pour cette première édition de son ciné-club maison, Danielle Shelton, la DG de la Société littéraire, propose le film  Plus étrange que fiction avec Emma Thompson dans le rôle d’une romancière, Queen Latifah, dans celui de son éditrice, et Dustin Hoffman en professeur de littérature. C’est la participante Madeleine Dalphond-Guiral qui, la première, a énoncé la clef de lecture de ce film imaginatif sur le thème de la création littéraire. Son interprétation a fait consensus.

Commentaires paraphrasés de deux participantes
«On peut voir ce film comme une comédie bien imaginative. On peut aussi y voir la métaphore d’une auteure qui tente de surmonter un blocage : elle n’en peut plus de tuer tous les héros de ses romans à succès, mais elle ne sait pas comment l’éviter sans voir déferler sur elle une critique littéraire négative.»
Madeleine Dalphond-Guiral
«Poussée par son éditrice à terminer un roman, une auteure voit interférer dans sa vie le personnage qu’elle se sent incapable de faire mourir, alors que la logique de son livre le voudrait. Elle s’en ouvre à un professeur de littérature préalablement alerté par le héros fictif qui revendique le droit de vivre.
Une autre idée est fort bien exploitée : le héros du roman entend la voix de la romancière qui décrit ce qu’il fait. C’est un peu comme les images que crée notre cerveau lorsqu’on lit un roman.»

Danielle Shelton