Entrevous 02 – octobre 2016

Mise en page 1

 

 

 

 

feuilleter   –   acheter en version papier ou numérique

ENTREVOUS 02 – SUPPLÉMENT VIRTUEL (clic sur plus)

section:  Dans la tête de…
sous-section: Jeu de métamorphoses
pages: 24 à 27
objet:  Que seriez-vous si vous étiez un fruit, une époque, un meuble ou un grade militaire ?

Dans  le périodique imprimé, des réponses illustrées de Françoise Belu, Maxianne Berger, Madeleine Dalphond-Guiral, Frédérique Marleau, Marie-Soeurette Mathieu, Danièle Panneton, Béatrice Picard, Leslie Piché, Hubert Saint-Germain, Lucette Tremblay et Richard A Warren.

Ci-dessous, d’autres réponses.

Si Françoise Belu était une ÉPOQUE :  «Si j’étais une époque / je serais le XVIIIe siècle / le siècle des lumières / car on croyait encore / que la raison / pouvait éclairer le monde.» Si elle était un MEUBLE : «Si j’étais un meuble / je serais un secrétaire à cylindre / bien pourvu de tiroirs secrets / comme celui sur lequel Voltaire écrivait. / Sur une feuille on pourrait lire / sa maxime favorite : / Écrasons l’infâme / car le fanatisme renaît / toujours de ses cendres

Si Roland Provencher était un MEUBLE : «Je serais une table de chevet, aussi silencieuse que le silence, aussi aveugle que l’aveugle, aussi sourde que le sourd. Tapissés de nuits apaisantes et de rêves à faire fleurir les bonheurs du jour, mes tiroirs recèleraient des mots d’amour imprégnés de bruissements de baisers et de draps froissés.»

Autre réponse pour MEUBLE… où Monique Joachim nous étonne !  «J’ai tant tardé, écrit-elle,  que j’arrive trop tard pour te confier que j’étais (pas je serais) un banc de piano! Zut de Zut!»
Hélène Perras en ÉPOQUE serait «celle des troubadours qui chantent l’amour de villes en villages et font danser les gens». ÉPOQUE, elle serait celle des Trente Glorieuses, une «période de forte croissance économique et d’amélioration des conditions de vie» dans la grande majorité des pays développés, membres pour la plupart de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), entre 1946 et 1975». En MEUBLE, elle se ferait «berceau», habillé d’une «doudoune  tendrement  parfumée à  la lavande, puis, poursuit-elle, j’inviterais un enfant qui n’est pas encore né  à y prendre place. Je le bercerais  en chantant « la poulette  grise »». Si elle était un GRADE MILITAIRE, elle voudrait être «officier de réserve».

 

section  La littérature est partout / sous-section  La littérature au musée / article  Sur les traces d’Agatha Christie / pages  5o-51  / objet  autres citations extraites de son autobiographie dans l’édition parue chez Masque-Hachette en 2002 / thème des citations  la création littéraire

page 236
« Si êtes vraiment modeste, vous n’écrirez jamais rien. Il faut donc qu’il y ait un de ces délicieux moments où, ayant une idée et voyant exactement comment l’écrire, vous vous ruez sur un crayon et un cahier, et vous vous mettez à griffonner fébrilement, portée par un sentiment d’exaltation. C’est alors que les difficultés surgissent. Vous ne savez plus comment vous en sortir. Vous parvenez plus ou moins à faire ce que vous aviez prévu, mais en perdant peu à peu cette confiance qui vous habitait. Quand vous arrivez au bout, vous êtes sûre que c’est complètement raté. Et deux mois plus tard, vous vous dites que, après tout, ce n’est peut-être pas si mal. »

page 250 – où la graine est semée lors d’un pari
« […] ma soeur Madge et moi eûmes une discussion qui devait, par la suite, porter ses fruits. Nous venions d élire je ne sais plus très bien quelle histoire policière.  […] Toute à mon enthousiasme, j’affirmai vouloir essayer d’écrire un roman policier.
– Je ne crois pas que tu pourrais y arriver, dit Madge. C’est très difficile. J’ai déjà pas mal cresué la question.
– J’aimerais quand même essayer.
– Eh bien je te fiche mon billet que tu n’y arriveras pas.
La discussion en resta là. Ce ne fut pas un véritable pari : les termes n’en furent jamais 
définies, mais les mots avaient été prononcés. À partir de ce moment, je fus habitée par la détermination d’écrire un roman policier. Cela n’alla pas plus loin. Je ne commençai ni à rédiger ni même à y réfléchir. Cependant la graine avait été semée. Au fond de mon esprit, là où l’histoire de mes livres futurs prend sa place bien avant que la germination ne se fasse, l’idée était implantée : « un jour, j’écrirais un roman policier ». » 

page 303 – où la graine germe
« L’idée d’écrire un roman policier me vint tandis que je travaillais au laboratoire de pharmacie de l’hôpital. […]
Je me mis à réfléchir au type d’intrigue que je pouvais utiliser. Comme j’étais encore entourée de poisons, peut-être était-il assez naturel que je choisisse la mort par empoisonnement*»
* La mystérieuse affaire de styles.

page 608
«C’est un sentiment étrange que de garder un livre […] en gestation pendant six ou sept ans peut-être, de savoir que vous l’écrirez un jour, qu’il prend forme sans cesse, qu’il est déjà là. Car il est déjà là, il faut juste qu’il sorte plus clairement des limbes de votre esprit. Tous les personnages sont réunis, ils attendent en coulisse la réplique qui sera le signal de leur entrée et là, tout à coup, une voix vous ordonne, haut et clair : “Maintenant !” »