BLOGUE – Relativiser et raconter une autre histoire

article récent : lundi 1er octobre 2018
Ce matin, avec ma première gorgée de café, j’ai appris à RDI le décès de Charles Aznavour. Je me suis souvenue m’être trouvée dans les années 1980 à un endroit où j’étais certaine qu’il avait été là avant moi : au pied d’un panneau de signalisation dans le Sahara, celui d’une scène du film de guerre de 1961 : Un taxi pour Tobrouk.  Je ne parle pas de la murale en couleurs de Zagora (Tombouctou 52 jours de chameau), photographie incontournable des touristes, mais d’un simple écriteau qu’on découvrait dans les dunes sur la piste des caravanes, comme dans le film. Seulement voilà! le tournage s’était fait en Espagne, et non pas en Afrique du Nord où se déroule l’action, ce que m’apprend Wikipédia consulté in situ sur ma tablette électronique. En moins d’une minute, je relativise et je modifie mon «histoire personnelle». Et le mot «histoire» vient alors, comme par hasard, s’intégrer dans le contexte de la vie de ce monument disparu. Dans un extrait d’entrevue (je continue à boire mon café devant la télé), Aznavour dit au sujet de ses dernières chansons : «Le sujet est devenu moins important pour moi que la façon de raconter l’histoire.» La vie est une autofiction plus ou moins consciente.