Conan le barbare aime la poésie

29 juillet 2017

La littérature est partout ! Vous n’imaginez pas à quel point ! Hier soir, seule, le bleu à l’âme à l’horizon, quoi faire sinon la télé, ma belle grande télé (72 pouces, celle de mon ciné-club maison)…  Je zappe et m’arrête sur Conan le barbare avec Arnold Schwarzenegger. Vous avez bien lu. Je laisse l’orphelin grandir, se muscler (il faut le faire en étant esclave !), se former aux arts de la guerre (j’ai une pulsion vers la zapette pour changer de chaine) et là, surprise ! La formation de Conan le barbare auprès des plus grands maitres asiatiques de son époque légendaire comprend l’apprentissage de la lecture et de l’écriture et la philosophie à travers les textes poétiques. La formation morale présentée ici comme aussi importante que la formation physique. Je parie que vous avez vu le film (peut-être en cachette) ou lu la BD (c’est plus acceptable) et que vous avez oublié ce passage.

                  

C’est une invitation à participer à ma traque de la littérature au cinéma : s’en tenir aux situations inusitées, s.v.p. J’attends vos trouvailles.

P.S. J’adore le cinéma en chercheuse : je traque littéralement – et sans aucun a priori – la littérature dans les films.
Vous avez vu la comédie sentimentale Doit aimer les chiens (Must Love Dogs)? Des dialogues intelligents, sensibles. Et, dans la scène d’une fête d’anniversaire, un père (Christopher Plummer) qui lit un poème : Brown Penny de William Butler Yeats (1865-1939, Prix Nobel de littérature 1923). Une scène vue plus de 15000 fois sur You Tube :  Yeats – Brown Penny (recited by Christopher Plummer)
Voici le poème, la version originale en anglais (le poète est Irlandais).
Dans la traduction française du film, on l’entend en français. Si quelqu’un veut bien voir le film, prendre en note cette traduction et me l’expédier, je l’ajouterai ci-après (merci).

I WHISPERED, ‘I am too young,’
And then, ‘I am old enough’;
Wherefore I threw a penny
To find out if I might love.
‘Go and love, go and love, young man,
If the lady be young and fair.’
Ah, penny, brown penny, brown penny,
I am looped in the loops of her hair.
O love is the crooked thing,
There is nobody wise enough
To find out all that is in it,
For he would be thinking of love
Till the stars had run away
And the shadows eaten the moon.
Ah, penny, brown penny, brown penny,
One cannot begin it too soon.


9 aout 2017 – Oblivion

Luce Pelletier enrichit le blogue : «Il y a le point culminant du film Oblivion : ça disait: « poetry will bring you back your humanity« … ou à peu près… dit juste à point … tout dans le film amenait à cette réplique… J’étais en avion quand j’ai vu ce film… parfait!


14 octobre 2017 – Où sont passés les Morgan?
Je poursuis ma traque de la littérature au cinéma. J’ai fait une nouvelle trouvaille improbable dans une autre comédie sentimentale : Où sont passés les Morgan? Témoins d’un crime, un couple new-yorkais en crise est contraint de vivre jusqu’au procès dans une campagne du Wyoming. Émus de la beauté du ciel étoilé, chacun se remémore ses voeux de mariage. Ceux de la femme emprunte à la littérature. Extrait du scénario :

ELLE – ll faut que tu voies ça. Est-ce que c’est réel ? J’ai jamais rien vu de tel, en dehors du planétarium. «Je ne veux à l’union de deux âmes sincères / Admettre empêchement. / L’amour n’est point l’amour / S‘il change en trouvant ailleurs le changement, / Ou s’éloigne en trouvant en l’autre l’éloignement. / Oh non! il est un phare au regard immuable / Fixé sur la tempête et jamais ébranlé.» Shakespeare, à notre mariage.
LUI – Parce qu‘il était là? Je crois qu‘il ne nous a rien offert.
ELLE – C’était mes voeux.
LUI – Je sais. D’ailleurs, à l’époque, j’ai cru que tu les avais écrits.»