Sortie Entrevous : Opéra de Montréal – Roméo et Juliette

19, 22, 24 et 26 mai 2018 à 19h30, Salle Wilfrid-Pelletier, Place des Arts, Montréal

La plus célèbre des histoires d’amour, de William Shakespeare, mise en musique par Charles-François Gounod, chantée en français sur un livret de  Jules Barbier et Michel Carré (création à Paris en 1867). Lire la suite et le commentaire de Thérèse Tousignant.

La plus célèbre des histoires d’amour, de William Shakespeare, mise en musique par Charles-François Gounod, chantée en français sur un livret de  Jules Barbier et Michel Carré (création à Paris en 1867).

Pour accompagner, le samedi 26 mai, Thérèse Tousignant et Gilbert Patenaude, les deux reporters de la revue d’arts littéraires ENTREVOUS, achetez directement votre billet à la billetterie de la Place des arts. Merci à l’Opéra de Montréal, partenaire de la Société littéraire de Laval.


Commentaire de Thérèse Tousignant

« Roméo et Juliette, opéra de Charles Gounod

Le 26 mai dernier, j’ai eu la chance de voir et d’entendre l’opéra Roméo et Juliettede Charles Gounod (1818-1893) sur un livret de Jules Barbier et Michel Barré, d’après Shakespeare (1564-1616). C’était à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts dans une production de l’Opéra de Montréal. Une conférence du musicologue Pierre Vachon précédait la représentation.

Les amants de Vérone est un conte italien du XVIe siècle qui s’inscrit dans une série de récits d’amours impossibles remontant à l’Antiquité. Traduite en vers et en anglais par Arthur Brooks en 1562 sous le titre de The Tragical History of Romeus and Juliet,l’histoire est reprise par Shakespeare d’abord en prose, puis en vers, dans sa version définitive.  Depuis sa création, en 1597, la pièce demeure une source intarissable d’inspiration. À ce jour, plus de trente-cinq opéras ont été écrits sur le sujet, sans compter les nombreux films, comédies musicales, poèmes, chansons et adaptations de toute sorte. Pour ne citer quelques exemples, parmi les plus célèbres, le ballet de Prokofiev (créé en 1938), la comédie musicale West Side Story (1957) et son adaptation cinématographique éponyme (1961) et, plus récemment, au Québec (2009) le film d’Yves Desgagnés.

Après relecture – en traduction – de la pièce de Shakespeare, créée en 1567, j’ai pu constater que les librettistes de l’opéra de Gounod, présenté trois siècles plus tard à l’occasion de l’exposition universelle de Paris de 1867, avaient assez bien respecté l’esprit et même la lettre du texte de Shakespeare.  Ajoutez 150 ans, et certains dialogues, particulièrement lors de la première rencontre au bal et de la fameuse scène du balcon, semblent assez alambiqués pour les auditeurs du XXIesiècle : les métaphores religieuses utilisées entre amoureux selon les convenances de l’époque, tout comme le code d’honneur et les règles des duels, méritent d’être connus avant l’audition de l’opéra pour en apprécier toutes les subtilités. Tout comme Shakespeare, les librettistes de Gounod utilisent les vers rimés et différents niveaux de langage selon la position sociale des personnages. Un humour fin et de nombreux jeux de mots parsèment le texte et permettent d’alléger la tragédie. »